Les
origines du monastère remontent
à 937.
Par
un acte de donation en date de cette
année-là,
les lieux sont attribués par leurs propriétaires, un certain Ainaud
et son épouse Rothilde, aux chanoines augustins de la ville d'Évaux,
située dans la Creuse, aux confins de l'Allier, pour qu'ils y fondent
un prieuré.

Mais
l'acte fait mention de la présence, déjà à cette époque, d'une église
dédiée au martyr Saint-Vincent.
Et
un texte écrit par Sidoine Apollinaire atteste d'une présence
chrétienne à Chantelle sans doute l'une des toutes premières dans
le Bourbonnais dès le Ve siècle.

L'église
fut reconstruite au XIIe siècle dans le style roman.
Puis,
au XVe, le prieuré est complètement rebâti dans le style
gothique finissant de l'époque, à l'ombre du château dont
ne subsistent à présent que quelques vestiges et où Anne de Beaujeu,
dite Anne de France, fille de Louis XI, se plaisait à résider
loin des fastes du château des ducs de Bourbon à Moulins après
qu'elle eut assuré la régence du royaume.
Au
début du XVIIe, le monastère, en déclin, est placé sous la
dépendance des Jésuites, tandis que le château, déjà en partie
démantelé, est détruit sous l'ordre de Louis XIII.
Au
XVIIIe, le déclin du monastère, toujours dirigé par les Jésuites
avec lesquels la communauté monastique et la population entretiennent
des relations difficiles, se poursuit.
Puis
survient la Révolution :
les
religieux sont chassés et les bâtiments vendus en 1794 comme
biens nationaux et utilisés comme grange.
Ils
ne sont rendus au culte qu'en octobre 1853 par un petit groupe
de Bénédictines issues de l'abbaye, alors florissante, de
Pradines, non loin de Roanne.
Avec
le soutien constant de l'évêque de Moulins, Mgr de Dreux-Brézé,
la communauté de moniales entreprend courageusement la restauration
qui prendra des décennies du monastère qu'elle avait trouvé
très dégradé.
Élevé
au rang d'abbaye en juillet 1891, le monastère, aujourd'hui
en parfait état,
abrite
une dizaine de Bénédictines qui mènent une vie de prière et de travail.
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